07.10.2008
Cercles du silence : lettre ouverte de l'ALCEC au RESF
Cercles du silence : lettre ouverte de l'ALCEC au RESF
L'ALCEC (Association de Lutte Contre l'Emigration Clandestine) est une association camerounaise dont l'objet est de sensibiliser les jeunes camerounais aux dangers de l'émigration clandestine. A ce titre, son président Emile Bomba (que Novopress avait interviewé), a souhaité réagir à l'organisation, notamment par le Réseau Education Sans Frontières, des Cercles de silence.

Yaoundé, le 07 Octobre 2008.
Chers Membres du Réseau Education Sans Frontières, chers Organisateurs des « Cercles de Silence », Conscients comme vous de ce que tout être humain mérite d’être traité avec dignité, quelle que soit son origine, sa race, ses croyances religieuses et politiques, ou encore quelque soit la faute qu’il aurait commise contre la société, nous nous permettons de saluer ce penchant humaniste qui vous habite.
Toutefois, il ne nous semble pas responsable de votre part d’organiser des « cercles de silence », très souvent relayés par vos médias traditionnels ou par Internet et dont ne manquent pas de s’abreuver les jeunes africains en quête d’Eldorado européen.
Nous jugeons donc cette attitude irresponsable au moins pour deux raisons :
D’abord, ces manifestations annihilent les actions de sensibilisation auprès de jeunes africains sur les dangers des migrations clandestines et irrégulières entreprises par des associations comme la nôtre, militant pour des migrations régulières et dignes. Sûrs de votre soutien et afin de pouvoir en jouir, ces jeunes seront davantage portés à prendre des risques toujours plus périlleux les uns autant que les autres, les conduisant vers une mort effroyable pour certains. Qui en assume la responsabilité morale? Et à qui ça profite ?
Ensuite, l’augmentation du nombre d’étrangers en situation irrégulière dans votre pays ne contribuera certainement pas à voir la France changer de stratégie en matière d’octroi de visas à ces hommes et femmes qui veulent s’y rendre pour des raisons essentielles comme se soigner, faire des études supérieures ou tout simplement nouer des partenariats d’affaires susceptibles à terme de permettre le décollage des PME africaines, seules structures capables d’absorber l’énorme masse de chômeurs dont regorge notre continent.
Convaincus que tels ne sont pas les objectifs de RESF, à moins que pour vous ces immigrés ne constituent un véritable fond de commerce, nous en appelons donc à plus de bon sens de votre part et à un changement de stratégie. Le véritable combat à mener en Occident chers messieurs, consiste à notre avis, à sensibiliser les politiques sur le développement de l’Afrique, qui croupit sous le poids de la corruption, de la famine, de toutes formes d’injustices sociales et de tripatouillages politiques engendrant parfois des guerres.
Nous serons heureux de vous compter parmi ceux qui pensent qu’une autre Afrique est possible.
08:58 Publié dans Communiqués | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : expulsions, clandestins, politique



Commentaires
Et que pense le Collectif Historique des Associations pour le Renvoi des Travailleurs Etrangers et des Roms (le C.H.A.R.T.E.R) de ce communiqué ?
Ecrit par : Navarock | 21.10.2008
Ce qui m'a fait prendre conscience du problème, c'est un jour, alors que j'étais à l'IUT, nous avions un étudiant algérien qui avait une moyenne de 20/20 parce qu'il n'était pas possible de lui mettre plus. Nous avons tenté par tous les moyens de lui faire poursuivre des études car nous n'avions jamais vu quelqu'un d'aussi brillant. Pourtant, cet étudiant était venu en France avec une bourse de son pays ; aussi il nous a été répondu qu'il devait déjà rentrer au pays pour le faire avancer et qu'ensuite, lorsqu'il aurait mis au service de son pays ses connaissances, il pourrait revenir pour poursuivre ses études.
Nous nous sommes réunis pour discuter de cette réponse et après avoir mis de côté tous nos préjugés, nous avons admis qu'un étudiant étranger qui venait en France devait effectivement rentrer chez lui pour servir son pays et que nous n'avions pas à le garder, ce qui était de l'esclavage masqué, d'autant plus que nous avions une certaine propension à pleurer sur les pays pauvres...
Alors, aujourd'hui, RESF fait ce que nous avions constaté il y a 40 ans ; cette association n'a pas réfléchi au fait que piller les pays pauvres, c'est se mettre au service des exploitants de notre pays.
Ecrit par : Cécile | 28.11.2008
Ecrire un commentaire